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LES REPONSES TECHNOLOGIQUES
DE L’INDUSTRIE ET DE LA RECHERCHE DANS LE MONDE |
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| Francis SEVILA, ENSAM Montpellier |
| sevila@ensam.inra.fr |
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Les réponses technologiques de
la recherche aux besoins de la filière doivent être fondées sur un
postulat apparemment paradoxal : la recherche doit s'extraire des
questions classiques autour du produit et du fonctionnement et se
consacrer aux défis imposés à la filière par la digestion des nouvelles
technologies de l’information et de la communication. On constate en effet qu’il y a un décalage en termes d’utilisation et de maîtrise de ces technologies de part et d’autre de la filière : en amont, la production agricole n’a pas les mêmes moyens de traitement, d’échange, de production et de communication dont dispose la distribution en fin de chaîne Cette situation est paradoxale, car les nouvelles technologies apparaissent mieux adaptées à l’échelon de l’agriculteur : il est en situation plus favorable pour les aborder, travailler de façon décentralisée et dans des conditions extérieures, et se connecter en réseaux flexibles. Il faut repenser le débat sur les nouvelles technologies à la lumière de ce postulat. Francis Sevila développe ainsi trois thèmes : 1. l’accès des exploitations viticoles aux systèmes de communication informatisés, 2. l’évolution des dispositifs de services sur internet offerts aux viticulteurs, 3. et la nécessité de développer l’intranet de l’exploitation viticole. 1. L’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication L’accès des exploitations viticoles en milieu rural aux NTIC est très insuffisant. Cette question soulève un problème majeur d’aménagement du territoire. La fracture digitale qui s’opère entre la ville et la campagne doit faire l’objet d’un débat fort. 2. L’évolution des dispositifs de services sur Internet Plusieurs générations de services se succèdent : - La première génération propose des services statiques (offre de produits, d’informations et de conseils). Les sites sont généralement performants, mais ils n’engendrent qu’une faible valeur ajoutée pour l’utilisateur. - Les services interactifs, dits de seconde génération, permettent de faire du commerce, ou d’entrer en contact avec des pairs. La pérennité de ce type de services n’a cependant pas été prouvée à long terme. Les chances de réussite de ces sites résident surtout dans le gain qualitatif qu’il procure à l’utilisateur. - La troisième génération de services approfondissent les atouts des services interactifs en améliorant l’aspect qualitatif : ces sites émergents s’apparentent à des consortium, en rassemblant plusieurs acteurs de la chaîne autour de hubs (prestataires centralisés). Le principal moteur d’évolution des nouvelles technologies est l’obligation d’être en lien avec la filière : c’est l’obligation de traçabilité. Celle-ci est ascendante, dans une logique commerciale, pour que le consommateur puisse retrouver l’histoire du produit jusqu’au cep si nécessaire ; descendante, afin que les acteurs de la filière suivent le devenir du produit ; et conduit naturellement à imposer au viticulteur de reconcevoir son système interne d’information. 3. Bâtir l’intranet de l’exploitation viticole Sevila insiste sur l’importance et l’urgence de la tâche. Il dresse le constat suivant : pour rester dans le marché, la possibilité de rassembler et fournir des données fiables et régulières sur les imputs et techniques de production est une obligation impérative. Les nouvelles techniques d’information (NTIC) donnent accès à un nouveau potentiel améliorant l’efficacité technique et commerciale : les viticulteurs doivent se doter des techniques particulières de gestion de l’information (échange de données informatiques, système de positionnement) qui vont devenir des composantes du système viticole. C’est un investissement obligé. Les NTIC sont incontournables: à l’instar de l’ensemble de la société, elles ont investi la gamme d’outils de la viticulture de précision. Elles doivent permettrent de négocier, tracer sur Internet, et conjointement enregistrer, cartographier, calculer les paramètres de production sur un intranet suffisamment développé. Le choix des NTIC est tant économique que qualitatif. Directeur Général d’ITV France |