Réunion de Lien de la Vigne
Paris, 22 novembre 2002

DISCUSSION – DEBAT


• Question de Monsieur MORIN à Mme PYTHOUD :
« Le caractère aléatoire du positionnement du vignoble n’est-il pas une bonne chose ? »

La nature fait effectivement bien les choses : les vignes se trouvent là où elles bénéficient des conditions nécessaires à leur survie. Le problème de la délimitation géographique se pose néanmoins au niveau des appellations.

• Intervention de Monsieur PILLOT au sujet de l’exposé de Jean Marie Bidault :
Monsieur Pillot fait part à l’assemblée de ses inquiétudes sur l’avenir des OGM en France : la viticulture française ne creuse-t-elle pas l’écart existant avec la viticulture américaine, et ne risque-t-elle pas de prendre un retard considérable vis à vis de ses concurrents si elle ne se résout pas à utiliser les OGM ?
Il soulève par ailleurs le problème de l’exploitation de la notion d’allergie dans le vin et les risques de confusion que ce phénomène peut engendrer. Il n’apparaît pas justifié d’incriminer spécifiquement le vin. Le nombre d’allergies croît considérablement aujourd’hui, ce phénomène résulte des modes de vie de la société moderne. Des conséquences sont à craindre quant à l’exploitation abusive par les médias de la notion d’allergie liée au vin.

• Bertrand ROBILLARD à Jean Marie BIDAULT :
B. R. : Quelles sont les actions entreprises par l’ITV sur la stabilisation des vins ?
J-M B. : Il s’agit pour l’essentiel d’employer des méthodes physiques pour remplacer les méthodes chimiques pour l’utilisation d’intrans et additifs auxiliaires. Des expériences sont actuellement menées sur des méthodes d’électrolyse en courant faible et champ électrique pulsé. Il est également question de démarrer un projet de lumière pulsée.
Toutes ces actions sont destinées à déboucher sur des applications concrètes au niveau des caves.
• Francis SEVILA à Joël ROCHARD
- La description de la notion de terroir semble n’être effectuée aujourd’hui qu’à travers des approches technologiques. Y a-t-il d’autres approches de cette notion dans d’autres champs de la pensée (comme les sciences humaines) pour compléter la perception qu’en a la filière ?

 Il n’y a bien sûr pas suffisamment d’études menées sur ce sujet. Il convient toutefois de mentionner un travail effectué au CNRS par Sylvie Normand analysant la dégustation selon une approche sémantique. Sa thèse confirme que le vocabulaire utilisé est lié au terroir. Ce lien sémantique est évocateur de la dimension culturelle inhérente à la notion de terroir.

Claude FLANZY rappelle qu’un colloque "Vigne et paysage" aura lieu début juillet 2003 à l’abbaye de Fonteveau pour approfondir ces problématiques. (Ndlr : Monsieur Flanzy en sera le Président)

• Question de Filippo DE SIMONE :
- Un système de traçabilité centré sur une base de données accessible à tous n’est-elle pas une atteinte aux libertés individuelles ?

Francis SEVILA : La mise en œuvre d’un tel outil est par ailleurs essentiel pour le producteur : il doit avoir une certaine transparence pour le cahier des charges. Par ailleurs, la maîtrise des données est un défi pour l’agriculture, et pour la société toute entière. Des méthodes apparaissent dans le but de mieux contrôler la protection des données personnelles.

Vianney DANET note qu’aujourd’hui, l’information est marchande tout comme le produit : le producteur doit pouvoir livrer ses données.
   

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